OPEN TT§ 1.6 — Manches : FL, ST, AN, porte-plume chinois et japonais
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Couverture/Partie I/Chapitre 1·1.6
§ 1.6

Manches : FL, ST, AN, porte-plume chinois et japonais

Partie I · FondamentauxChapitre 13 min min de lecture

La forme du manche n’est pas un détail cosmétique. C’est l’interface entre la main du joueur et le reste du système, et elle conditionne la liberté du poignet, la stabilité de la prise et le confort pendant des heures de jeu. Les formes que propose aujourd’hui le marché répondent à deux philosophies de prise — la prise classique et la prise porte-plume, comparées à la section 1.7 —, et chacune compte des variantes à la logique mécanique propre.

Concave (FL, de l’anglais flared). C’est le manche dominant du jeu moderne en prise classique. Vue de dessus, la plaquette part étroite près de la jonction et s’élargit vers l’extrémité, avec une terminaison un peu plus volumineuse qui sert de butée naturelle contre la paume. Le joueur peut tenir fermement sans serrer le poing : les doigts tiennent par l’avant et la base de la paume repose sur l’élargissement. Ce manche s’adapte à la plupart des gestes offensifs — topspin, bloc, contre-attaque — sans rigidifier la prise. Son inconvénient : les petites mains peuvent trouver que la terminaison prend trop de place pour faire tourner la raquette avec aisance entre coup droit et revers.

Droit (ST, de l’anglais straight). Côtés parallèles, sans élargissement ni rétrécissement. Faute de butée, le joueur peut faire glisser la main vers l’avant ou vers l’arrière sur le manche selon le coup, ce qui sert aux défenseurs et aux coupeurs qui changent de distance et doivent replacer leur prise entre deux frappes. Le prix à payer : le manche droit ne tient pas la raquette tout seul, et garder la prise demande un effort musculaire un peu plus soutenu. Hors du jeu défensif, c’est un choix minoritaire.

Anatomique (AN). Variante du concave avec une ondulation intermédiaire : la plaquette se rétrécit près de la jonction, se renfle au centre pour épouser la courbe naturelle des doigts fermés, puis s’élargit à nouveau à l’extrémité. Il fonctionne bien quand la main du joueur correspond à la main moyenne que le fabricant a supposée en dessinant la courbe ; il cesse de fonctionner si elle s’en écarte. Il a autant d’adeptes que de détracteurs : mieux vaut l’essayer avant de s’engager.

Les trois formes — FL, ST, AN — sont des variantes de la prise classique. Un même modèle commercial est généralement proposé avec l’un ou l’autre des trois manches ; le bois de la palette est identique et seule la plaquette change.

Porte-plume chinois (C-pen). Manche court — 5 ou 6 centimètres, contre 9 ou 10 en prise classique —, plat devant et derrière, de section ovale. Il est conçu pour être pincé entre le pouce et l’index sans entrer dans la paume ; les trois autres doigts s’appuient derrière la palette. La raquette chinoise classique se jouait avec un revêtement sur une seule face, mais l’essor du revers RPB (le revers joué avec la face arrière, que traite la section 16.3) a généralisé le jeu avec un revêtement sur les deux faces, et les fabricants ont légèrement ajusté le profil pour que les doigts arrière reposent sur le caoutchouc.

Porte-plume japonais (J-pen). Court lui aussi, mais plus volumineux que le chinois. Il comporte sur la face avant un bloc en saillie, généralement en liège — une petite plateforme où poser l’index —, et à l’arrière une autre pièce de liège où reposent les doigts placés derrière la palette ; le pouce et l’index travaillent tous deux à l’avant. La palette tend à être rectangulaire, et la raquette est généralement en hinoki massif, sans plis. La masse se concentre ainsi vers le haut de la palette et produit une sensation très différente de la prise classique, en accord avec un style offensif près de la table. C’est aujourd’hui une variante minoritaire, portée par une école technique précise, mais elle se fabrique toujours.

L’épaisseur des plaquettes, le poids du manche et la possibilité de le retoucher à la main — qui influent eux aussi sur la sensation — sont abordés en détail à la section 8.3. Pour choisir entre ces formes, l’essentiel est de tenir chacune assez longtemps pour que la main se prononce : les tests ne remplacent pas cet essai. La différence entre prise classique et porte-plume en tant que philosophies de prise fait l’objet de la section suivante.