Rangement : housse, température, humidité
Un revêtement nettoyé après la séance — selon la routine décrite en section 13.5 — peut perdre en une semaine ce que le nettoyage lui a préservé si la raquette est mal rangée. Le rangement n'améliore pas le matériel, mais un rangement négligé le dégrade sans que le joueur touche une balle. Les ennemis sont peu nombreux et connus : chaleur, humidité, lumière et pression mécanique.
La housse est la première barrière. Sa fonction n'est pas décorative : elle isole la raquette de la poussière ambiante, des chocs pendant le transport et, si elle est de qualité raisonnable, des écarts brusques de température. Les housses rigides ou semi-rigides protègent mieux des impacts que les housses souples en tissu, mais n'importe quelle housse fermée assure le minimum : éviter que les revêtements restent exposés à l'air et à la lumière directe. Transporter la raquette en vrac dans un sac à dos, revêtements contre des clés, des bouteilles ou des vêtements humides, est le moyen le plus efficace d'écourter sa vie utile sans même jouer.
La température est le facteur qui fait le plus de dégâts avec le moins d'avertissement. Le caoutchouc du topsheet se dégrade par oxydation, et la chaleur accélère cette réaction. Une raquette oubliée dans le coffre de la voiture en été peut atteindre des températures qui, en une heure, causent plus de vieillissement qu'un mois d'usage normal. La mousse en souffre aussi : elle perd son élasticité, elle durcit et l'effet catapulte décrit en section 2.4 s'atténue de façon irréversible. Le froid extrême est moins nocif mais pas anodin : un revêtement sorti d'un environnement très froid et mis en jeu aussitôt se comporte de façon plus rigide jusqu'à ce qu'il atteigne la température de la salle. Le repère pratique est simple : la raquette se range là où l'on rangerait un livre, à température ambiante, loin des sources de chaleur directe et des fenêtres exposées au soleil.
L'humidité attaque par un autre flanc. Le bois est hygroscopique : il absorbe et relâche de l'eau selon l'ambiance. En milieu très humide, les couches externes gonflent légèrement, peuvent se courber et la liaison entre bois et mousse s'affaiblit. En milieu très sec, le bois se contracte et peut créer des tensions à l'origine de microfissures dans le vernis ou dans la structure elle-même. Aucun de ces deux extrêmes n'est courant dans un logement normal, mais les vestiaires avec douches, les sous-sols sans ventilation et les sacs de sport fermés sur des vêtements mouillés le sont. Si la raquette a été exposée à une forte humidité, il vaut mieux la laisser sécher à l'air — hors de sa housse, mais loin du soleil — avant de la ranger de nouveau.
La position compte moins que ne le croient certains joueurs, mais elle a un point qui mérite attention. Si la raquette est rangée avec un poids dessus ou posée sur un revêtement pendant des semaines, la mousse peut se déformer de façon permanente dans la zone de contact. L'effet est faible si la pression est légère — la raquette posée à plat —, mais il s'accentue si des livres, des raquettes ou des sacs s'empilent par-dessus. Le plus simple est de la ranger à l'horizontale dans sa housse, sans rien dessus, ou à la verticale si la housse le permet. Les films de protection mentionnés en section 13.5 pour les revêtements adhérents remplissent ici une seconde fonction : ils empêchent les deux revêtements d'entrer en contact direct si la housse est souple et que les faces se touchent.
Aucune de ces précautions n'exige d'effort ni d'investissement. Une housse, un endroit frais et sec, et l'habitude de ne pas laisser la raquette là où l'on ne laisserait pas un instrument de précision. La dégradation que ces habitudes évitent est exactement celle que l'on confond ensuite avec des revêtements « usés » ou des bois « morts » — les signes détaillés en sections 13.7 et 13.8 — alors qu'en réalité le matériel a vieilli hors de la table, pas dessus.